lundi, 27 août 2007
Dernière traversée
Ainsi s’achèvent deux années, qui compteront parmi les plus intenses de mon existence, passées comme un rêve, véritable parenthèse enchantée.
Pourtant, ma dernière semaine ici fut l’une des plus laborieuses. Imaginez…moi qui n’ai fait pendant ces deux ans que décaler le moment du départ, des formalités et des adieux …il ne m’est resté qu’une toute petite semaine pour tout boucler. Ce fut une folle course contre le temps qu’il me fallait gagner. Au moins n’avais-je pas le temps de gamberger, de suffoquer ou de blêmir à présent qu’avait sonné l’heure …
Que reste-t-il de mes deux années ? Que du bonheur !
Du rêve et du concret. L’honneur d’avoir servi le Maroc, en m’engageant pleinement dans une œuvre exaltante et enrichissante. Cette impression d’avoir donné, peut être pas le meilleur, mais au moins la pleine mesure de moi-même, me conforte dans le sentiment d’avoir inscrit mon travail au cœur de la noble histoire des relations franco-marocaines. Être homme, disait Saint-Exupéry, c’est précisément être responsable. C’est sentir, en posant sa pierre, que l’on contribue à bâtir le monde.
La dernière image que j’ai eu avant d’appareiller pour la vieille Europe fut celle des candidats au départ…Des dizaines de jeunes marocains étaient groupés sur les quais, cachés entre les bateaux de pêche. A intervalles réguliers, on pouvait entendre l’un d’eux qui plongeait, se jetant à corps perdu dans la masse sombre de l’Océan et nageait éperdument, avec comme seul équipement un sac poubelle attaché qui lui servait de bouée. Nous, sur le pont du ferry, nous pouvions deviner leurs mouvements désordonnés et l’on suivait leur sillage jusqu’à les perdre de vue dans l’obscurité grandissante. Où allaient-ils ? il me semble qu’ils cherchaient à s’accrocher à un navire, et fuir ainsi vers l’Europe, tapis dans une soute. Tentatives désespérées qui me fascinaient et me faisaient frissonner…combien réussissent ? combien se perdent à jamais ? J’avais eu l’occasion, au cours de mes périples, de dialoguer avec des marocains qui avaient déjà «brûlé ». Ces brûleurs, que l’on nomme « harragas », ont la force de rêver…et celle d’affronter la mort. Brûler, c’est partir sans billets et sans papiers, brûler son identité pour tenter de renaître de l’autre côté du détroit. J’avais compris que ces candidats à l’immigration ne souhaitaient pas quitter le bled à tout jamais …non, leur destin était de travailler en Europe, comme des forçats, pour accumuler suffisamment d’argent et revenir fièrement au pays, là où ils ont leurs racines, forts d’un nouveau statut social.
Et moi je pars…je reviendrai aussi.
Après avoir parcouru le pays de long, en large, et aussi en travers, après avoir croisé mille regards émouvants, après m’être imprégné de cet art de vivre envoûtant, après avoir savouré la séculaire hospitalité marocaine, après avoir vibré devant maints paysages sublimes et rencontré le Maroc réel dans ses profondeurs complexes, entre tradition et modernité,…vous pouvez compter sur moi pour rester l’ambassadeur itinérant du Royaume, ventant ce qu’il a de meilleur et ce qu’il réserve aux belles âmes.
A Paris, où une nouvelle vie m’attend, je saurai faire fructifier les dons que j’ai reçus de votre culture. L’étoile chérifienne brillera toujours pour moi comme un repère sacré. Je souhaite le meilleur pour le Maroc, mon cœur restera marocain. J’ai fait du Maroc une province de mon rêve.
Adieu pays du soleil couchant...Beslâama.
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vendredi, 24 août 2007
Le grand soir...Soirée années folles (cf. album 49)
Faire-part de départ :
Que vous soyez heureux ou triste de me voir quitter Rabat et le Royaume, je vous convie à prendre ensemble un en-cas et un dernier verre pour la route : après deux ans passés ici, je vous invite à une soirée années folles pour clôturer mes deux folles années, dans une villa de Skhrirat sur le front de mer offrant plusieurs ambiances : salon marocain, terrasse jazzy, pelouse romantique, plage déserte et océan à profusion.
Venez accompagner de votre flamboyante présence mes dernière heures marocaines, festoyer, ripailler, esquisser quelques pas de charleston ou de Fox-trot, savourer cocktails et breuvages prohibés, jusqu’à l’aube si le cœur vous en dit.
Date : vendredi 24 août 2007 à partir de 20h00
Lieu : Villa en bord de mer à Skhrirat, chez le sieur Khaleed
Dress code :
- Gentlemen : Borsalinos ou feutres, costumes de lin style « Gatsby le magnifique », et une bouteille d’alcool. Enfin, juste un style « jazzy » et une bonne bouteille feront l'affaire : on compte sur vous malgré la Prohibition!!!
- Ladies : robes de soirée fringantes, colliers, chapeaux cloche, coupes au carré, accroche cœurs, boas, bref de quoi nous éblouir, comme d’habitude quoi ! Venez également avec des softs : jus de fruits, boissons gazeuses (canada dry !), Oulmes, etc.
Le futur parisien de nouveau vous salue bien bas, Richard.
Cette dernière soirée pour la route a tenu follement la route. Et la fête fut irréelle. Le décor se prêtait parfaitement à cette atmosphère, les hôtes et les invités étaient survoltés. Au plein milieu de ce Friday’s night fever, le ciel nous a comblé…il nous est tombé sur la tête sous forme d’un déluge titanesque, nous en fûmes copieusement arrosés, la terrasse coulait et l’orchestre continuait à jouer à l’intérieur : ambiance Titanic à souhait ! Nous retrouver tous groupés sous les rares parties abritées au milieu des vapeurs et de la musique a contribué à donner un air irréel à cette soirée.
Irréelle, elle le fut pour moi. Passée comme un rêve, où je n’étais déjà plus là, où la terre d’ici commençait à me sembler étrangère. Tous ceux qui étaient présents, autour de moi, tous ces visages familiers qui marqué mes saisons au Maroc, tous ces gens qui ont compté pendant ces deux années, tous ceux-là n’étaient déjà plus là. Il me semblait planer comme un fantôme, condamné à errer dans un passé flamboyant. Etrange impression, la tête est à la fête, mais le cœur déjà à la peine.
Je laisse à Scott Fitzgerald, magnifique auteur de Gatsby, le soin d’évoquer, à sa manière, cette soirée :
« …dès les premières mesures, j’aperçus Gatsby sur la dernière marche du perron. Il était seul et son visage errait avec plaisir d’un groupe à l’autre. Sa peau halée par le soleil épousait son visage à la perfection. Je me suis demandé si le fait qu’il ne buvait pas l’aidait à se distinguer des autres, car plus la fête se débridait, plus il gagnait en dignité. […] Certaines jeunes femmes appuyaient tendrement leurs museaux sur l’épaule de certains messieurs, comme des petites chiennes familières, d’autres s’amusaient à s’évanouir dans les bras de leur cavalier, mais aucune ne s’abandonnait dans les bras de Gatsby, aucune nuque rasée à la garçonne ne se frottait contre son cou, aucun quatuor qui s’improvisait ne le cherchait comme partenaire. […] …je le vis errer au milieu des débris qui jonchaient le sol : écorces de fruits, rubans piétinés, fleurs fanées. J’ai risqué un conseil : On ne ressuscite pas le passé. On ne ressuscite pas le passé ? répéta-t-il, comme s’il refusait d’y croire. Mais bien sûr qu’on le ressuscite ! Il regarda autour de lui avec une brusque violence comme si le passé était là, tapi dans l’ombre de la maison, mais hors de portée ».
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vendredi, 17 août 2007
Route du Rif, route du kif...3 jours de rififi !
Après le Sud, pour parfaire notre connaissance géographique du Maroc, il fallait aller au Nord, plus au Nord. Ainsi avons-nous succombé à l’appel du grand Nord. Une nouvelle bande s’est formé : votre serviteur, Alex et trois de ses potes venus s’émerveiller du Royaume tant vanté par Alex. Trois jours de Rif, trois jours de Kif, de rififi entre nos apéritifs et nos digestifs, trois jours expéditifs, certes, mais ô combien contemplatifs et attractifs, à nous rendre méditatifs et expectatifs devant les charmes démonstratifs de la côte du Rif. Prépar’hâtifs terminés ? En route !
Arrivée crépusculaire à Chaouen : la cité aux milles visages nous apparaît dans sa livrée de nuit, tous feux allumés. Installation dans un hôtel roots du centre, dîner sur la fameuse place Uta el Hamam. Déambulations au cœur de ses ruelles bleues et blanches. Rencontre surréaliste avec un rescapé de Tazmamart, évocation pudique des 20 années d’horreurs passées dans ce bagne inhumain. A propos, ce n’est pas gai, mais il faut avoir lu « Tazmamart cellule 10 » pour se faire une idée de ce qu’ont pu endurer les «prisonniers politiques» dans ce mouroir. C’est l’un des livres les plus poignants qu’il me fut donné de lire…une horreur, en même temps qu’une réelle leçon de vie.
Retour sous les étoiles…Départ le lendemain matin sous un éclatant soleil, pour une journée intense et sublime, comme seul le Maroc sait en offrir à ses amoureux : descente de l’oued Laou, qui se pare parfois de paysages semblables à ceux du Connemara. Piste PA1 (cf. guide Gandini), qui longe la côte au plus près. Quelques passages délicats, quelques égarements dans d’affreux pierriers, mais que du bonheur ! Pause « sardinade » à Jebha, village de pêcheur isolé sur sa pointe. S’il fallait déterminer un thème culturel à cette piste, ce serait assurément la culture…du kif : la piste est jalonnée de champs à foison, avec des plants de plus de 2 mètres de haut, de paysans et de charrettes bourrées de kif, il y a en même qui sèchent sur le toit des maisons, façon chaumières normandes…Le kif, ici, c’est instinctif ! Je tiens à signaler que sa culture fut jadis autorisée par un dahir de sa majesté Mohamed V, en guise de récompense pour les montagnards et leur active participation à l’émancipation du pays. S’il fait vivre plus de 200 000 familles, n’oublions pas qu’il enrichit surtout les trafiquants et leurs obscures intermédiaires. Cela ne nous empêche d’admirer quelques ruines médiévales, comme la tour de Tarhzout, malheureusement reconvertie …en énorme. Nous traversons aussi de nombreux chantiers, signes distinctifs d’un bétonnage progressif de cette région sauvage. C’est ainsi…ce sont les dividendes du développement…le progrès fait rage, nous vivons une époque moderne…le progrès n’a pas fini de faire rage, aux espoirs des uns, ô désespoir des autres.
Plus loin, le long d’une piste qui se mérite, au détour d’un virage apparaît le port tranquille de Cala-Iris, irisé par les derniers rayons du soleil. Cette tranquillité ne sera bientôt plus : la future rocade méditerranéenne passera à quelques kilomètres de là, drainant son torrent de véhicules et son armada de prospecteurs de complexes en tout genre. Enfin, pour l’instant, une merveille pour nos yeux, et un havre de repos pour nos corps éprouvés : installation sommaire au camping. Playa, parties de cartes et farniente.
Départ matutinal, passage par Torres de Alcala et son vieux fort dominant la baie en guise d’introduction…ensuite, c’est un pur régal pour les yeux : le penon de Velez de la Gomera, l’un des lieux les plus spectaculaire. Enclave espagnole, cet îlot est relié à la côte par une langue de sable d'une centaine mètres, dans une crique absolument splendide. Anciennement nommé Bédis, ce lieu fut une place forte réputée et raffinée. Léon l’Africain, dans ses descriptions, note que les galères de la puissante Venise avaient l’habitude d’y accoster. La découverte de ce site nous a laissé une forte impression, ...et le soleil quelques coups après la sieste sur le sable doux.
Demi-tour, reprise de la piste et route jusqu’à Al Hoceima, agréable cité balnéaire bâtie au dessus d’une baie bordée de hautes falaises. Plaisir de routards, nous nous octroyons une pause à l’hôtel Mohamed V, formidable vue sur la baie. Ce fut la dernière pause paisible avant la longue route…le reste ne fut que sueur, fatigue et langueurs…une route interminable jusqu’à Rabat : plus de huit heures via Targuist, Tahar, Ain-Archa et Fes, à serpenter sur des pistes, suivant le tracé d’une hypothétique autoroute, en évitant piétons, bicyclettes et charrettes avec pour tout dispositif réfléchissant un CD ficelé à l’arrière ! Arrivée enfin, éreinté, autour de minuit dans nos pénates rbaties…
Choukran les gazous pour cette ultime (?) virée sur les pistes marocaines. Ici s’arrête l’appel des pistes…pour une autre aventure : ma dernière semaine au Maroc…moins drôle, forcément.
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samedi, 21 juillet 2007
Zabam de retour : la côte Sud (cf. album 47)
On s’était promis de le faire depuis longtemps, on avait mille fois reporté, mais désormais le temps pressait et nos chameaux piaillaient d’impatience. Le sud du Royaume nous tendait ses bras chauds et aventureux…Y’Allah !
Départ de Rabat et de Casa, par une riante après-midi qui suivait les festivités du 14 juillet. Présentation des montures et des équipages espagnolos-marocos-français. Départ paisible vers Essaouira la ventée. Soirée étrange dans une ville désertée où seul le vent régnait en maître incontesté. Nuit camping « le calme » où nous dûmes nous livrer à une féroce partie de chasse…aux crapauds !
Lendemain, de presque bonne heure (bonne heure espagnole !), premiers trajets côtiers, entre Essaouira et Sidi Kaoki : belle mise en jambe sur cette piste qui semble vivre ses dernières heures tant la noria d’engins de chantiers est sévère. O côte sauvage…ô béton…
Premiers ensablements aussi, auxquels nous faisons face d’une manière collégiale : c’est l’Union pour la Méditerranée avant l’heure ! Après 15 bornes en trois heures…halte brochette & farniente à Sidi Kaouki.
La route côtière vers Agadir est superbe, elle nous gratifie parfois de visions dantesques où la terre fait face à la mer dans une posture de défi. Elle offre également de superbes plages propices à la baignade, telle celle de Tafadna, village de pâcheurs miniature, parsemée d’une myriade de barques.
Arrivée nocturne à Agadir, hôtel «Les Ommeyades», soirée avec quelques baroudeurs locaux et nuit agitée qu’il n’est pas nécessaire de narrer ici.
Lendemain, mardi 17, après quelques réparations et mises au point (sic), route vers le sud, sans intention de manœuvre ni objectif précis. Vers Sidi Ouarsik, la côte se révèle peu à peu dans sa splendeur sauvage... quand brusquement jaillit à notre vue une image époustouflante : un monstrueux navire échoué sur la plage. Incroyable vision qui apparaît telle une improbable et hallucinante sculpture de «land art». On se prend à imaginer le drame qui a poussé ce navire fantôme à s’échouer ici. Finalement, nullement impressionnés, nous continuons le long de la plage pour y trouver un bivouac à l’abri de la marée. Bivouac 1000 étoiles au moins, grâce à l’équipement emporté : congélateur, cuisinière, douche, etc. Soirée tapas, cervezas et vino tinto. Journée conclue par une balade de nuit, en solo, sur cette plage abandonnée, nuit noire où luisent à peine quelques étoiles…silence de la mer.
Lendemain, mercredi 18, remontée sur la piste via le cargo échoué, on quitte la côte des yeux pour se lancer au cœur des oueds. Halte à l’oasis de fort Bou Jerif : ruines historiques d’un fort français surplombant magistralement l’oued Assaka (Oued Noun sur les cartes anciennes). Thé & piscine, et retour à nos montures...pour un épisode riche en émotion…
Descente précautionneuse jusqu’à Foum Assaka, là où l’oued se jette dans l’Atlantique, puis piste vallonnée jouant à cache-cache avec la mer. Et là, au détour d’un virage, la plage blanche s’offre à notre vue, lointaine et brumeuse dans son infinie langueur. Ce sont les pionniers de la postale qui l’ont surnommés ainsi, elle était un amer aisément identifiable…et le théâtre de nombreux atterrissages d’urgence. Quel plaisir, quel exercice de toute beauté que de glisser sur elle avec nos 4x4. Après 40 km de sable blanc, l’aventure commence. Emportés par notre fougue, et roulant au plus près de la plage, nous ne nous apercevons pas qu’une dune, se forme sur notre gauche. De forme insignifiante au début, elle est devenue un véritable mur infranchissable …le sable mollissait, la mer montait…la plage se refermait, tel un piège…
On n’est pas dans la mer… ! Ordre fut donné par talkies-walkies d’entamer un demi tour…trop tard, la caravane était prise :le Toy a pu sortir à la faveur d’un méplat de la dune et se retrouver au sommet, le mitsu, lui, s’est enlisé dans la montée…tandis que l’autre Toy se retrouvait ensablé, véritablement posé sur le sable alors que la marée montait…Avec pelles dépliées et bras motivés, on a creusé et poussé la voiture…On s’en est sorti just’à temps, y’avait presque de l’eau jusqu’à la ceinture! Fin de parcours mythique, libéré et heureux, tels les pionniers de la postale ou les dingues du Dakar, dans un fond d’oued propice aux pointes de vitesse. On a atteint le Ksar Tafnidilt dans la nuit, brillant de tous ses feux, une vraie féérie des mille et une nuits.
Lendemain, jeudi 19, superbe journée, malgré un arrêt à Goulimine à cause d’un problème de direction, vite et bien réparé par le garagiste local. Découverte de l’oasis de Tighmert, encore plein de vigueur. Visite avec l’incontournable Abdou de la vieille Kasbah et son musée alibabesque.
Sitôt après a lieu une scission : les espingouins veulent tracer vers les sirènes de Marakech, nous leur préférons les muses aquatiques. Tel des bédouins, par plus de 45°, nous cheminons de sources en sources, le summum étant les cascades de Fask, dénichées après avoir avalé beaucoup de poussières, quelques 20 km plus loin, à l’Est de Goulimine. Un rafraîchissant mirage !
Ensuite, tout s’enchaîne très vite nuitée à Tafraoute, puis route vers Marrakech, nuit au « Kenzi Semiramis » et son ambiance « les bronzés dans le désert »…dur retour à la réalité bling-bling & confettis !
On atteint Casa le samedi 21, fin du périple. Merci aux frêrôt Subrini et à la bande d’espingouins en goguette. A bientôt pour la suite des aventures….entre aventuriers seulement !
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samedi, 30 juin 2007
Dernière séance de Mister Greg (cf. album 46)
Rabat est en émoi ce soir et les jeunes filles en larmes...Greg quitte Rabat pour s'envoler vers de nouvelles aventures à Chicago...Impensable, mais vrai…
Au départ, l’aimable population féminine était invitée à exprimer son mécontentement et sa colère face à cette décision inique et injuste en venant manifester aux alentours de l'ambassade de France samedi soir à 20h00.
De façon plus festoyante, cela s’est transformé en une sublime bacchanale que Bacchus, mon dieu tutélaire, n’aurait pas renié : apéro-dînatoire qui a légèrement dégénéré, dans la grande tradition de notre bande, avec breuvages et victuailles, demoiselles et damoiseaux, revue digne du Crazy Horse menée tambour battant par d’audacieuses et gracieuses gazelles, et autres réjouissances que la pudeur m’interdit de narrer…
Le dress-code était des plus étudié:
Pour les mecs : bien dans leur peau, en toute simplicité …
Pour les filles : dans la peau d'une Greg'Girl, dans la lignée des "bronzettes" et des "greguettes". Il fut très émouvant pour Greg comme pour nous de voir tant de jolies gazelles avec son prénom inscrit sur tant de T-shirt roses mouillés et moulants. Des tenues pour le moins suggestives sur lesquelles on pouvait lire des choses du crû du genre : "Ne me quitte pas", "Rabat sympa, Chicago zéro", "Greg, je ne réponds plus de mon corps", "pour un flirt avec toi, je ferais n'importe quoi", "Autant en emporte l'ardent!", "Greg, j'adore tes pecs!", etc…quelle ardeur imaginative et folie créatine !
Ce soir là, la modeste avenue Sidi Ali où trônent les appartements de Mister Greg aurait pu être rebaptisée avec fierté « Avenue Mouët & Chandon » tant les bulles ont débordé ce soir, faisant exulter les sentiments dont nous étions empreints : tristesse pour les filles de voir leur homme qui les quitte (Chicago, c’est leur malheur), joie pour les garçons, pas mécontents de se débarrasser à si bon compte d’un imposant rival!
Pleurer à chaudes larmes ou boire à chaudes rasades pour oublier qu’un sex-symbol quittait la ville et trinquer une dernière fois avec lui avant de passer le relais à Chicago…Enfin, tout cela s’est terminé dans la piscine d’une villa diplomatique d’un quartier cossu de Rabat, dans laquelle notre joyeuse bande très « gaies » à débarqué sans crier gare...normal, quoi!
Bref…on t’aime Greg !
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dimanche, 24 juin 2007
Terre de légende : Asilah et cromlech de M'Sourah (cf. album 45)
Au Maroc, il n’y a que de purs WE…ou bien alors, c’est que vous vous êtes trompés de WE (cela peut arriver, aux alentours de Oualidia notamment, mais passons…).
Ainsi, il nous fut donné encore de vivre de riches heures, à la découverte d’une terre de légende, en compagnie d’Isa, "special guest" from Paris, Zitoun et Mag, les plus marocains des méditerranéens, et Maya, la nouvelle chienne, coqueluche des filles.
La veille, nous fûmes gratifiés d’un prélude royal : couscous entre amis et graines de star concocté avec amour par Isa, la plus marocaine des parisiennes.
Le lendemain, nous partîmes de bon après-midi vers la carthaginoise cité d’Asilah, qui dresse fièrement ses remparts rouges au front de mer, 40km au Sud de Tanger. Merveilleuse harmonie de couleurs : l’ocre des murailles et la blancheur des maisons qui se marient avec l’univers bleu des ruelles et de l’océan, l’ensemble couronné par le crépuscule rougissant…de bien belles images, n’est-il pas ?
Un peu plus loin dans l’arrière pays, il est un endroit magique vers lequel nous convergeâmes et qui apparaît par enchantement au milieu des collines surplombant la côte atlantique: le riad Berbari. Endroit à nul autre pareil, cette maison d'hôte semble être un navire hors du temps ancré sur une terre d’où il tire ses matériaux (100% bio et recyclables), son âme et son nom. En ce lieu étonnant à l’hospitalité sereine, toute la nature environnante y respire : vent dans les feuilles d’eucalyptus ou sur les épines des figuiers de barbarie, ânes qui braient, coqs qui vocalisent, moustiques qui piquent, cigognes qui caquètent, etc. Les hôtes y sont également extraordinaires : Louis, le patron, paisible à souhait et créateur du lieu, et Digby, drôle d'anglais à longue barbe blanche sillonnant le Maroc avec un sac sur les épaules, construisant des dômes, écoutant de la transe et fumant du chanvre…un véritable Merlin du royaume enchanteur !
Sur leurs sages conseils, nous partîmes, tel un rite initiatique, en pèlerinage au Cromlech de M’Sourah. Monument funéraire mégalithique, son tertre ceint de plus d’une centaine de monolithes s’apparente à «Stonehenge», version berbèro-ibérique. Lieu sacré, il serait la tombe du géant Anthée, fils de Posséidon (la mer) et de Gaia (la terre), après qu’Hercule l’eut terrassé lors de sa quête du jardin des Hespérides. Ce site n’a pas encore livré tous ses mystères; la pierre pointée notamment (El Usted) culminant à plus de 5 mètres, suscite des interrogations quand à son rôle. Ce qui est notable, c’est de savoir qu’il s’agit de l’un des rares vestiges visible au Maroc d’une civilisation berbère préislamique. Voilà qui force le respect…
Après avoir respecté la bonne vieille coutume de sacrifice d’une vierge et d’une chienne, nous courûmes vers la mer pour nous y purifier, non sans avoir erré à la recherche du chemin…La vérité est-elle ailleurs ?
Puis, nous retrouvâmes nos chères pénates rbaties et bedawies, parce qu’au delà des légendes, il y a boulot lundi…retour bel et bien terre à terre !
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dimanche, 20 mai 2007
Tanjazz 2007 (cf.album 42)
Encore un pur Week-end ...majestueusement et simplement jazzy, avec une bande d’amateurs à peine éclairés, mais ô combien joyeux drilles.
Retrouvailles des acolytes à la plage Robinson, où, de la terrasse de nos paillotes, nous dominons la Méditerratlantique. Après baignade et bronzage réglementaire, un étourdissement de sensations effrénées nous entraîne dans sa farandole :
Déjeuner-goûter au bord de la piscine du Mövenpick avec le groupe Cadijo et ses airs de blues. Dans la foulée, apéro façon années folles au bar du Minzah Hôtel, où le Liz Newton jazzbird nous subjugue. Un couple s’aventure à quelques pas de tango argentin, nous offrant l’image de deux foulards de soie qui s’entrelacent. Le soir venu, route vers l’esplanade du club de cricket où nous convergeons, avec une nuée d’amateurs, vers les appels du saxo de sa majesté Manu Dibango him-self. Plus tard, le lounge de l’hôtel Continental nous tend ses coussins, pour écouter avachis, et sirotant du pinard espagnol, Tawfik Ouldammar & le Souissi Trio. Vers 25h30, appareillage pour le bar Glenfiddich du Royal Yacht Club de Tanger, où tout le gratin de Rabat s’était donné RV, pour l’explosion finale : une Jam Session de folie, menée par l’incontournable Daniel Huc : jazz incontrôlable qui vibre à l’unisson avec l’ambiance survoltée des lieux, attisée par un vent jazzy à souhait.
Retour au petit matin vers la plage Robinson, embrumée au soleil levant, pour quelques heures de sommeil. Petit déj avec encore un peu de vapeurs résiduelles de la veille, et brunch salvateur au Minzah, avec Florence Fourcade et Daniel Huc (encore lui !) accompagnés par un orchestre dans la grande tradition des jazz-band, le Black Label Swingtet.
Et puis retour vers Rabat : les trois heures de route nous permettent à peine de nous remettre de l’ivresse des sons et des bruits, alors qu’à Tanger l’on festoie encore.
Vive l’amitié Jazzo-marocaine, vive le Tanjazz !
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vendredi, 04 mai 2007
Soirée "Electoral fever" : votez pour moi! (cf.album 41)
Wily wily wily… bientôt trois mois de retard sur mon blog…Trop d’activités et d’événements se suivent, s’enchaînent. Mes écrits et photos n’ont pas le temps de suivre…. Le seul stress que je ressens ici est le temps qui passe…j’ai déjà un pied dans Paris…Comme disent les berbères : vous avez la montre, nous on a le temps !
Moult activités et mille choses à faire avant de lever les voiles : je veux vivre les dernières semaines en ce divin royaume d’une façon intense, en savourant chaque heure précieuse que l'alchimie de l'instant transformera prestement en souvenir fabuleux.
Alors je stoppe comme je peux le cours du temps pour mettre à jour cette vitrine.
Commençons par le WE plein de promesses (« les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent ») du 4 mai :
Pour la gente rbatie, la véritable soirée électorale ne fut pas le 6 mai, mais bel et bien le 4 mai : à l’occasion de ce WE pas comme les autres qui a vu l’occurrence d’une élection présidentielle et d’un anniversaire….pas n’importe lequel puisqu’il s’agissait de celui du sieur Nicolas. A l’occasion de cette conjoncture unique fut donné une soirée électorale que l’on n’est pas prêt d’oublier, foi de rbati !
Sept candidats en lice se sont âprement battus sur des thèmes racoleurs :
Nicolas Pointhéfère et sa tête de gendre idéal,
Sarkolène Loyal et sa Charmattitude,
Dominique Voilée, du parti des voiles verts pour une « femme au logis » durable,
Philippe de Villégiature, alias Phil the bronzé, le candidat des gens bien-nés, riches et célèbres,
José Mové : le seul candidat qui brosse dans le sens du poil,
Narine & Jean-Marie Le Peigne qui peignent tout haut ce que les peigne-culs peignent tout bas,
Alerte La Guillerette, la prolétaire de l’amour et du partage,
Sans oublier Mat Souri, alias le Chinou, candidat indépendant du PJD (Parti Jaune du développement) sous le slogan « Place aux jaunes ! ».
La soirée fut animée par le maestro Moncef Poivre d’Accord (« 100 secondes pour convaincre » et « à vous de gruger »), potdeviné par Mister Brochette, et magouillée par Abdou, directeur du pâté de campagne. Et quel succès : taux de participation record de 300% : sur 50 votants, plus de 150 bulletins dépouillés !
Bien sûr, le grand Nicolas a été élu…normal, c’était son anniversaire !
Alors « Ensemble, tout devient paisible ». Vive le Royaume, vive la République…et vive la transe !
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mardi, 01 mai 2007
Bouregreg-gueux : le retour !
Fine bande pour cette 9ème édition du "Bou Regreg Trophy", la lutte fut âpre entre les équipes "Valstar" et "Dom Pérignon". On s’est bien fait notre cinéma :
« Un taxi pour Tobrouk » pour l’ambiance générale et les répliques fusantes du genre : « un intellectuel assis va moins loin qu’un con qui marche »
« La grande bouffe » pour nos pique-niques forts simples : huîtres, foie gras, gaspacho, sushi, langoustes et homards, arrosés par d’ancestrales cuvées de vin rouge et champagne.
« Cent mille dollars au soleil » pour les scènes mythiques où les Toy et les Land se tiraient la bourre sur les plages sublimes du rivage Atlantique,
« Bullitt » pour la journée où Matt et LouisB ont pris seuls les commandes de mon Toy pour pasticher, à priori, la scène de la course poursuite en remplaçant les rues de San Fransisco par les pistes du bled…affaire à suivre.
« Le salaire de la peur » pour les preuves vibrantes de solidarité que nous avons montrés pour faire face l’adversité des sables mous …et pour arriver tous groupés dans les profondeurs du classement !
« Les enfants terribles » en hommage à l’atmosphère baroque et insolite que les frèrots Subrini et Lechartier créent autour d’eux !
Félicitations aux participants, merci les gars et choukran les gazelles
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samedi, 14 avril 2007
Soirée "Casino Royal" !
On ne vit que deux fois, le croyez-vous ?
Au service secret de sa majesté le seigneur des jeux, venez vivre plusieurs vies : roulette, black-jack et poker autant que vous le voulez…Les diamants sont éternels, mais votre plaisir le sera tout autant : Rien que pour vos yeux, nous aurons dressé la table du festin, paré la salle de jeu et assorti les musiques. Même s’il est vrai que Tuer n’est pas jouer, il vous seras Permis de tuer…de tuer le temps de la plus antique et ludique des manières : le hasard et sa farandole de jeu ! Vivre et laisser mourir les enchères agonisantes, tel sera votre credo. Alors permettez que je murmure à votre oreille : Meurs un autre jour, mais pas ce soir là ! N’ayez crainte, Demain ne meurt jamais non plus. Non, ce ne sera pas Dangeureusement votre, mais plutôt amicalement votre : vous sentirez-vous l’âme d’un Goldfinger ou bien celle d’un GoldenEye ?
Alors bref, venez festoyer, vibrer, vous la péter, bluffer, flamber, faire tapis, danser, gagner…sans rien perdre de votre plaisir à notre soirée « Casino Royal »
Et vous êtes venus…et quelle soirée ce fut : le mythe dans toute sa splendeur !
Merci à tous de vos flamboyantes et flambantes présences, merci d’avoir su parfaitement jouer le jeu et jouer aux jeux. Merci aux ladies d’avoir émerveillé nos yeux et soumis nos sens à rude épreuve, et merci aux Gentlemen pour l’effort d’être venus cravatés ou papillonnés !
Félicitations aux gagnants …et ne vous en faîtes pas : « Heureux aux jeux…mâle heureux en amour !». Le staff d’organisation était simplement exceptionnel, et les mécènes très généreux. Si on double la mise prochainement, vous suivez ?
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lundi, 09 avril 2007
WE Pascal à travers les œuvres d’art de l’Atlas (cf. Album 38)
Quelques extraits du carnet de route d’un trip de légende avec Umi, Ubi wa Amti Cathy !
Aoujgal, les greniers suspendus :
Non loin de Boutferda, il est une curiosité exceptionnelle, étonnante survivance du passé : les greniers suspendus d’Aoujgal.
A mi-hauteur d’une falaise vertigineuse se trouve une strate de roche dans laquelle ont été taillées des excavations et bâties des maisonnettes fortifiées sur environ un kilomètre. Cet ensemble de greniers garde-manger a été érigé voilà plusieurs siècles par la tribu des Aït Abdi pour se prémunir des rezzous des tribus ennemies. Ils y emmagasinaient grains, laine, graisses et autres provisions. Une baraque de gardien d’un coté, un pont-levis de l’autre et la paroi à pic tout autour protégent cette inexpugnable forteresse dominant de toute sa fierté l’oued Tachkent. On y accède par un chemin taillé dans le roc à quelques centimètres du vide pour y découvrir des ruines de refuges de pierre dont les étages contigus permettaient pour les dizaines de familles blotties ici de passer d’une maison à l’autre…Tel est le refuge de guerre des Aït Abdi…respect!
Respect en congratulations à nos guides : Ali, chauffeur de l’amboulance, et Bassou, délégué élu au conseil touristique de la région, qui se sont dévoués pour nous faire l’honneur de cette découverte. « Les gens ont le temps de regarder la vie même si la vie n’est pas généreuse avec eux, mais ils prennent le temps de faire des choses gratuites » Tahar Ben Jelloun, Partir.
Visite suivie d’un thé pantagruélique offert par nos hôtes, discussion autour de l’identité berbère. Il a fallu ensuite négocier pour avoir le droit de les quitter sans même rester à déguster le méchoui prévu !
Reprise de la route à travers des paysages toujours enchanteurs, jusqu’au délicieux lac de Tislif, apparition bleutée dans un ciel orange fluo. Nuitée au bord du lac.
Piste Imilchil-Midelt : merci au guide Gandini « Pistes du Maroc, tome 1 : Haut & Moyen Atlas »
A chaque virage, c’est un ravissement sans cesse renouvelé pour les yeux : l’impression qui grandit au fur et à mesure que l’on taille la route, c’est celle que Dieu, artiste peintre et sculpteur, a fait de l’Atlas son atelier, sa vitrine exposition, où il offre au contemplatif quelques uns de ses plus beaux chef d’œuvre : massifs aux formes imposantes, rochers aux tournures ondulées, vallées aux cours souriants et crêtes finement ciselées que le soleil enlumine de couleurs chamarrées et chatoyantes…
Divine montagne, merveille de la Création !
La myriade de gosses qui hurlent à notre passage lors de chaque traversée de village nous fait bien vite redescendre sur terre. Ce ne sont pas des anges, mais des diablotins qui se plantent devant la voiture: « Arrê’te Msiou, des bonbons, des stylous…bon ben alors du flouz » sans même prendre la peine de nous saluer d’une jolie formule, ni même s’enquérir de la santé de toute notre famille, comme la bienséance locale l’exige !
Et puis ils s’accrochent aux portières, les gribiers ! Si on ne leur donnait pas de stylo, on leur donnait en revanche l’occasion de faire un peu de sport : il suffit de stopper le véhicule à une cinquantaine de mètres d’eux, de les laisser s’approcher en courant, puis de repartir cinquante mètres plus loin dès qu’ils arrivent…et ainsi de suite…Et le quémandage cesse faute de quémandeurs, et ils peuvent retourner ainsi à de plus saines occupations. Sacrés gosses !
Arrivée sur Midelt en évitant la « piste aux frissons », ce qui nous a permis au passage permet de voir de loin l’imposante entrée des gorges de Jaffar.
Soirée animée chez Saïd, en son auberge.
Messe le lendemain à Notre Dame de l’Atlas avec les moines trappistes, dont un rescapé du monastère de Tibérine…
Mines d’Aouli :
Encore un endroit sublime niché au fond d’une vallée. Tout mouvement semble suspendu, seul le cours paisible de l’oued Melouya, aux miroitements verts limpides, et le vent, faisant frissonner les lauriers-roses, impriment un mouvement à ce village fantôme.
Il se dégage de l’ensemble un charme troublant, sérénité magique des lieux autrefois plein de vie et désormais abandonnés. Ici la maison du directeur, dont le jardin jouxte la piscine municipale en ruine, là le vieux cinéma tout poussiéreux et son ancestrale buvette, ci et là les logements des mineurs et de leurs familles, des vieux bureaux, des échoppes désertées, et quelques tunnels ouverts, à l’intérieur desquels on chemine à tâtons jusqu’aux entrailles de la mine désaffectée.
Telles sont les mines d’Aouli, que nous avons eu la chance de visiter en compagnie de Mbarek, croisé au hasard du chemin. Mbarek est l’ancien gardien des lieux. Il vit seul avec sa famille, pratiquement en autarcie, dans un village aux allures d’un propret lotissement bâti sur l’éperon rocheux dominant les lieux.
Même s’il nous semble être les premiers européens à revenir ici, il se trouve que cet endroit avait précédemment été visité et filmé par Antoine de Maximy, lors de son émission « J’irai dormir chez vous ». Mbarek y apparaît en star berbère offrant l’hospitalité spontanée. Il n’est pas peu fier de nous montrer la lettre de remerciement envoyée par Antoine, même si point n’est besoin de la lire pour ressentir à quel point l’expression « l’hospitalité berbère » est un pléonasme ! Merci Mbarek, que Dieu te protège et veille sur ta famille !
Retour par les chemins de traverses via le tout jeune barrage de Sidi Saïd, mur droit construit en BCR et pas encore en eau, via le lac Aguelmame-Sidi Ali et Azrou.
Bref…ce fut un merveilleux voyage initiatique à la rencontre des vraies richesses, naturelles et…humaines : « Il n’est de richesses que d’hommes ».
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dimanche, 25 mars 2007
Descente de l'oued Ahensal
Encore une immersion au cœur du pays réel, sur l’oued Ahensal, rivière féerique dont les gorges profondes serpentent au sein de massifs aux formes singulières.
Equipage : 10, et pas un pour rattraper l’autre, avec un état d’esprit oscillant entre « la rivière sans retour » et « les bronzés font du raft », sous la férule d’un commandant de sport aguerri et du capitaine de vaisseau Pascal, assisté de Lionel.
Après une nuit déjà bien arrosée à l’auberge des bords du lac de Bin el Ouidane, départ quasiment matutinal pour 2 heures de pistes avec pause à Ouaouizaght et au pittoresque souk de Tilouguit. Arrivée au gîte de la Cathédrale de rocher : falaise monumentale tombant à pic dans l’oued : le décors est planté ! Le temps de revêtir nos tenus de Jedi de l’oued (néoprènes, gilet et casque) et d’endurer un topo navigation et un briefing sécurité et nous voilà partis. Rivière magnifique entrecoupée de coupures sèches : rochers affleurant et ponts de bois bâtis par les blédards à la surface de l’onde. Quelques endroits sportifs, mais navigation finalement très agréable dans ce cadre si grandiose. Le véritable danger réside dans la présence de « Voûtes siphonnantes » très jolies, mais piège de courant haute tension qu’il faut savoir éviter !
Tandis l’équipage du raft est soumis à la rude discipline du captain Pascal Blight, toutefois atténuée par l’humour particulier du lieutenant Xavier Fletcher, sur les kayaks, c’est plutôt « la croisière s ‘amuse » : vogue, vogue joyeuse flottille de pirogues…
Peu avant le coucher de soleil, apparaît sur les hauteurs le grenier fortifié « Ighrem-n-Taggount » lieu magique de notre bivouac. Programme rustique : lavage à la cascade, thé et autres breuvages autour du feu pour se réchauffer, dîner frugal, divers jeux à la c.. et nuitée à la belle ou sous la tente caïdale bercée par le murmure du torrent et autres ronflements.
« C’est un coin de verdure où chante une rivière » : réveil sous un ciel extraordinairement cristallin où le soleil de la montagne fière luit.
Deux vache-qui-rit, un café et zou, à la flotte : c’est reparti pour 5 heures de navigation avec une final somptueux : procession de nos kayaks au fond d’un défilé majestueux ne laissant apparaître qu’une fine bande de ciel bleu, spectacle digne des « carnets de l’aventure ».
Et puis, c’est la fin du rêve et l’approche vers un autre monde, ambiance du film "Délivrance" : les rives s’élargissent, le courant s’amenuise, le ciel devient gris et nous luttons contre le vent qui se lève pour progresser à la surface de la rivière transformée en un espèce de sale terrain vague sur lequel stagnent alluvions, sédiments, tronc, détritus, rondins et autres objets non identifiés angoissants : c’est le retour vers l’enfer.
Heureusement, après quelques heures éprouvantes à souquer sur nos pagaies, une barcasse à moteur nous attend pour nous faire traverser le lac.
Nous, épuisés mais heureux, devisant de notre aventure et bien contents d’être remorqués quand soudain le moteur toussote et s’arrête : panne sèche, sans blague ! Notre marin de pacotille nous explique, penaud, qu‘il ne pensait pas qu’il consommerait autant avec 4 bateaux à la traîne…Et donc nous voilà repartis à souquer sur nos pagaies pour atteindre la terre promise, heureusement à 200 mètres de là !
Paré pour la prochaine expédition ?
Divinités aquatiques, déesses des eaux, muses des rivières, bons génies des torrents, demi-dieux des flots et nymphettes des cascades, je vous dis à bient’eau : Vive l’aventure, vive l'eau et vive le Royaume !
Merci à nos guides : Pascal www.tawadatrekking.com, Lionel www.coureurs-rivieres.com
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samedi, 17 mars 2007
Rabat dernière : spéciale Gad El Maleh
S’il y a un truc à faire avant de débarquer au Maroc, c’est bien de visionner quelques uns des sketches de Gad El Maleh : excellente mesure préparatoire à une immersion dans cette société si insaisissable, souvent tourmentée, à la psychologie complexe parfois à la limite de la schizophrénie, mais ô combien attachante et envoûtante
Quand el maestro vient à la rencontre de son public au Maroc : il faut en être, et j’en fus ce soir là!
Ce qui est génial avec Gad, c’est que le spectacle est partout : sur la scène, dans la salle, à l’extérieur Il débute bien avant le lever de rideau et se prolonge tard dans la nuit :
Petite anecdote pour révéler que vraiment au Maroc, tout est possible : le spectacle était complet depuis bien longtemps à priori, impossible de se procurer des places pourtant, deux trois palabres et quelques salamalecs et hop, deux places qui apparaissent, au prix normal ! J’adore !
L’humour est je crois la chose du monde la moins bien partagée par chaque culture, exception faite de l’humour de Gad, qui constitue un trait d’union époustouflant entre les français, les marocains et tous les autres !
On sent tout son plaisir à être devant son public chéri, public pas très facile, c’est le moins que l’on puisse dire , et pourtant, il gère les propos impromptus des inopportuns avec un sens inné de l’improvisation…à se tordre de rire!
Quelques extraits glanés :
- Je ne sais pas si j’ai le droit, mais je prends la liberté, on est au Maroc, non ?
- Est-ce qu’il y a des français dans la salle ? Bonsoir les immigrés !
- Casa, c’est la seule ville du monde où quand tu prends le taxi, c’est le chauffeur qui décide de la destination !
- Y’en a qui se demandent : « quand est-ce qu’il va jouer les trucs du DVD ? » alors je ne joue pas mon DVD ce soir, je préfère la liberté avec vous. Et puis, si je joue mon DVD, ce n’est plus un spectacle mais un Karaoké ! J’aurais l’impression que mes paroles s’affichent en gros en haut de la scène!
- Avant la fin du spectacle, y’aura déjà mon DVD au souk de derb Ghallef. Ici, je vaux 10 Dirham, pô cher ! Heureusement, ça permet à plein de gens, qui n’auraient jamais eu l’occasion de le faire de voir mes spectacles !
Humoriste humain puisant la plus grande partie de son inspiration de la société marocaine, en jouant sur les décalages « Décalage immédiat ! »
Voici une petite perle qui illustre les coutumes hospitalières locales :
Gad raconte qu’un soir, en rentrant fatigué à l’hôtel, il a prié instamment le responsable de l’accueil ne le (lui) laisser passer aucun coup de téléphone dans sa chambre, afin qu’il puisse dormir jusqu’à midi
Tout à fait, lui répondit le gardien, je vais donner les consignes à tous les employés, de la femme de ménage jusqu’au cuisinier en passant par le portier pour que vous ne soyez pas dérangé demain matin zahma, afin que vous puisiez vous reposer trâaaanquilement, zâama les gens ne s’en rendent pas compte, mais je sais moi que vous avez besoin de repos et cela est tout à fait normal zahma et qu’un métier comme le votre nécessite, zahma, des moments trâaanquilles de calme afin que vous puissiez révéler une forme exceptionnelle, et que vous puissiez toujours gratifier votre public, zahma, de vos sketches extraordinaires, etc etc
Merci, je n’en demandais pas tant fit Gad
Et le lendemain matin, vers 7h10 : Bingo : le téléphone sonne !
Mr Gad ? Oui, bonjour ici Mr Ali le responsable de l’accueil aujourd’hui, je voulais vous informer pêeersonnellement que j’ai pêeeersonnellement transmis les consignes à tous les employés de l’hôtel afin que vous ne soyez pas dérangé ce matin, et que vous puissiez vous reposer, parce que je sais que vous avez un métier épuisant, etc etc
C’est un peu ça aussi l’art de servir et le dévouement à la marocaine !
Ensuite, dîner au Grand comptoir avec Gad, séances de photos et retrouvailles fortuite d’un très bon pote de mon frèrot, David, qui se trouve être l’ingénieur du son de Gad « Mais qu’est-ce qu’ils font ces deux là, vous vous connaissez ou quoi? »
Merci Gad !
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dimanche, 04 mars 2007
WE Patrouille de France = WE Puissance ! (Réservé aux initiés de la puissance)
La patrouille de France, c’est la puissance volante et représentante de nos trois couleurs, composée des meilleurs éléments de la puissance combattante de l’armée de l’air francisante.
La patrouille à Rabat donc, c’est une chose qu’on ne voit qu’une fois dans sa vie, et nous y étions, puissance présente !
Superbe journée…Alors que la puissance affluente se groupait en bas sous les yeux de la puissance régnante, nous montâmes au sommet de l’hôtel Farah. Là, nous faillîmes nous faire déloger de notre puissance surplombante par quelque obscure puissance invitante peu engageante et pourtant, parait-il, communicante. Une fois les réglages de puissances effectués pour nous et la montée en puissance réalisée par la patrouille, nous avons enfin pu jouir de la représentation éblouissante de la puissance ‘voltigeante’ au dessus de nos têtes expectantes. Et cette vision époustouflante était puissamment exaltante.
Ensuite, en tant que puissance gentiment organisante, nous nous devions d’être puissance distrayante de la puissance ‘pilotante’. Le soir nous nous sommes donc retrouvés avec quelques puissances buvantes et absorbantes en des lieux tenus par des puissances hydratantes, pour un sommet entre grandes puissances, sans pour autant devenir puissances titubantes. Nous y avons croisés quelques rares représentantes de la puissance élégante, aguichante voire affriolante, parfois même puissance équivalente de plusieurs mégatonnes, en face desquelles nous avons su conserver notre instinct de puissance dominante, sans jamais devenir puissance complaisante, consentante ou concupiscente…C’était puissamment beau !
La patrouille de France, c’est à la fois le rêve, la puissance et la gloire, mais surtout la puissance, vous l’avez bien compris. Puissance tellement mystifiante qu’elle en devient ‘hyper puissance’.
Mais, sans maîtrise, la puissance n’est rien…D’accord, mais d’abord, la patrouille de France c’est la puissance ‘maîtrisante’ par excellence. Et en même temps, la patrouille de France, c’est une puissance attachante de modestie et de relations vraies, une puissance lénifiante de type « ne passons pas à coté des choses simples » ; un lieu où chacun puise sa force au cœur de l’esprit d’équipe, un monde où chacun dédie son labeur à la confiance mutuelle tissée jour après jour. Enfin bref, la patrouille de France, c’est la quintessence de la puissance confiante.
Merci à vous les gars de votre démonstration de puissance convaincante, sachez que la puissance regardante ne se lassera jamais de votre chorégraphie entraînante, dansante et virevoltante.
Puissance enthousiasmante, puissance passionnante et puissance sidérante, soyez puissance revenante quand vous voulez !
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dimanche, 25 février 2007
Jbel Tazzeka : WE blédard, avec 7 mercenaires dans le mythique Far East morocan !
Départ différés des deux diligences depuis Rabat : les éclaireurs devant, les rabat-teurs ensuite. Jonction tant bien que mal à Fès, malgré les turpitudes de Mathew pour nous égarer. Fès…ça sonne bien pourtant, mais rien d’ouvert aux alentours de minuit…Thé et nuitée chez notre hôte, Omar (merci Omar !). Lendemain, bon gros brunch matinal et Y’allah !
Route hyper agréable dans la fameuse « trouée de Taza ». Escale « brochettes-kefta-thé à la menthe » à Taza haut et sa zouina médina abritée au creux de ses remparts. Montée vers le sud et arrêt aux cascades dont on a failli oublier le nom tant le cours d’eau est menu… les « chut » de Ras-El-Ma. Rien d’extraordinaire si ce n’est la présence de la petite fée Clo, aquatique muse des lieux que certains chanceux peuvent entr’apercevoir virevoltant de flaques en vasques.
Reprise du bitume pour atteindre un impressionnant trou paumé : le gouffre du Friouato. En bons petits diables, nous sommes descendus aux enfers dans les entrailles de la terre à 250m de profondeur.
Retour à la surface et perception du gîte rustico-berbère. Là, surgissement de drôles de personnages sous l’objectif photographique de Manu : Alex I et Mariann en couple soixante-huitard attardé par ici, Alex II saisissant en ‘ET’ version rudimentaire, et le pire : le Borgre de Taza et son innocente (pas tant que ça) victime. Heureusement, d’autres apparitions, dont celle de la fille des tenanciers, véritable Claudette locale, rendaient plus humain cet environnement !
Cérémonial d’arrivée : thé et lavage des mains, dîner et veillée ludique sans oublier le spectacle de la voûte céleste brillant de ses mille feux et les bonnes vieilles ‘poîlades des familles’ sous l’égide de l’inénarrable Manu.
Réveil sous un éclatant soleil dans la pureté cristalline du paysage. Souk dominical de Bab Bouidir, accueil et palabres avec les notables du village et vers 11h00 : match de foot au sommet et danses orientales avec les jeun’s du village : moment d’une intense communion festive et sportive. Devant tant de ferveur, nous leur avons offert le « ballon d’or » du match.
Départ enfin pour le raid « Camion & 4x4 » autour du jbel Tazzeka. Des sentiers très aériens avec des à-pic de plusieurs centaines de mètres offrant une vue qui porte loin vers de spectaculaires panoramas et peu de chance de survie en cas de chute (5% dixit Manu, notre spécialiste de la prévention routière).
De transports en délectations, de gués en gués, de passages ne menant presque nulle part en pistes conduisant à quelques villages aussi charmants qu’isolés, nous avons fini par trouver notre chemin vers le pinacle : montée au sommet du jbel (presque 2000m) en serpentant sous les sapins sur des sentes encore enneigées.
Et puis retour à la maison après escale technique à Fès.
Bref, c'était encore un WE somptueux de bon air et de bonheur, de plaisir d’être ensemble en ce si joli bled, un ravissement permanent tel que le Maroc sait si bien l’offrir à ses visiteurs amoureux et ses nomades passionnés.
Signature collégiale :
Richard : shérif et chef désarmé,
Manu : premier sinistre en charge de la propagation des vices et de la répression de la vertu, sous-secrétaire d’Etat au doigt de l’homme,
Clo : ministresse de la féminitude et de la femme au foyer,
Alex I : ministre de la jeunesse, des sports et des jeux à la con, ministre de la culture des herbes rigolotes et ministre de la défonce,
Mat : ministre du Travail, Famille, Patrie,
Mariann : ministresse des affaires des étrangères,
Alex : grand vizir, ministre plénipotentiaire de la star-académie française et de la mise à niveau de l’économie locale.
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dimanche, 18 février 2007
WE « roots & boucles» dans le Haut-Atlas
Enfin un peu de news…Si elles se font rares, c'est que je suis très occupé, ce qui est plutôt bon signe ;-)
Encore un superbe WE comme sait nous en gratifier le royaume enchanté, avec une belle équipe européenne : mon poteau Alex, ainsi que Mariann et Cécile, norvégienne et danoise qui je dois dire représentent assez bien leurs nations. (cf Album 33)
Même si elle n’est pas encore terminée, nous avons encore pris l’autoroute jusqu’à Marrakech, de nuit cette fois : voyage toujours enchanté sur l’autoroute en chantier dans l’ex-camion de la DDE d’Alex; de Settat à Marrakech, une centaine de bornes pas encore ouvertes au trafic, mais rapides, paisibles…et gratuites ! Et certainement plus sûres que la route encombrée de camions.
Le lendemain, pas mal d’impondérables nous ont obligé a reporter notre raid VTT prévu ce jour : heure de départ forcement tardive, météo assez grise, et excès de zèle des policiers à cause d’une attestation d’assurance périmée : Alex a du se fendre d’un coup de fil à qui de droit pour que nos amis geôliers nous laisse repartir en nous souhaitant bonne route… Nous avons alors opté pour une balade roots, à travers les villages des contreforts du Toubkal : souk d’Asni et ses marchands riches en couleur, école d’Imlil et ses enfants studieux, vallée verdoyante vers Aroumd et ses femmes pillant le blé à l’ancienne, Casbah Toubkal et la profondeur de son paysage qui ont servi de décors naturels de « sept ans au Tibet ». Cette excursion fut en même temps un pèlerinage de retrouvailles émouvantes pour Alex qui avait fait ici un long séjour en quasi-autarcie dans le cadre d’un projet de coopération au sein de cet environnement authentiquement rude mais réellement attachant. Il v sans dire que dans ses pas j’ai eu droit aux honneurs des notables du village, des enfants et de leurs mamans, des jeunes et des moins jeunes…Là où Alex passe, l’herbe repousse, amdou’llah !
Le soir, nouvelle virée à Marrakech avec nos deux boucles d’or et écumage de quelques endroits branchouilles de la ville impériale.
Le lendemain, nos amis policiers n'étant pas là, la nuit ayant été plus longue et le soleil au rendez-vous, nous avons confié nos deux amies à un guide, et nous sommes partis pour un trip VTT de 5 heures (en gros 3h de montée 2h de descente) : extraordinaire ascension dans les splendides beautés du Haut-Atlas avec la chaîne enneigée du Toubkal en toile de fond et incroyable immersion dans le mode de vie rustique et impressionnant des berbères de l’Atlas. Trajet suivi : Asni, Tamghart, Ifghane, maison forestière Efkhan, Sidi Fars, Tazelga, Tadmamt, col Tassaft n tizi, Outghart et Tahannaout.
Comme le trajet prévu ne revenait pas à Asni, Alex a confié son camion aux filles. La norvégienne, sous ses airs fragiles et délicats, s'est révélé être une véritable camionneuse et a su magner l'engin avec dextérité sur les routes de montagne escarpées ! Bravo les vikinguettes, et à très bientôt pour de nouvelles aventures…
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mercredi, 14 février 2007
Comment détourner la Saint-Valentin en funny Valentines !
(voir Album photo 32)
Alors que tout autour de nous n’était qu’honteuse exhibition de mièvreries sirupeuses et dégoulinantes de sentimentalité aspergée à l’eau de rose émotivo-fiduciaire…nous, nous étions incapables de supporter un tel spectacle.
Alors nous avons pris le parti d’en rire, et de nous réunir entre gens du monde pour ripailler, chanter, lire, réciter ou déclamer aux quatre vents, ou bien simplement se divertir en simple spectateur de quelques textes ou pièces de théâtre, où l’humour et la raillerie de bon aloi s’amusent à dépeindre les travers de la vie de couple. Etaient présents chez notre royale hôtesse Danou : Don Juan, Maupassant, Courteline et bien d’autres pour nous éclairer avec jubilation sur les pratiques amoureuses de leur temps.
Ont été lues les pièces en un acte suivantes :
- « La peur des coups », comédie en un acte de George Courteline, par Christelle et Richard
- « Au bord du lit » de Guy de Maupassant par Clotilde et Mathieu
- Extrait du Dom Juan de Molière, Acte II scène V, par Alex, Kyrsten et Mariann
Les décors auraient pu être de Roger Harth et les costumes de Donald Cardwell, mais ce soir là, nous eûmes pour tout décors les yeux brillants d’admiration de notre public chéri, et leurs ovations et leurs encouragements nous habillèrent !
Fermez le rideau !
Je tiens à votre disposition le DVD de cette mémorable soirée, qui en appellera bien d’autres. Amis comédiens, je vous passe le bonjour, nous vivons une époque formidable.
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lundi, 01 janvier 2007
Traversée 2006-2007
Ave à vous qui me lisez,
En ce début de nouvelle année, je m’en viens vous donner quelques news et vous porter mes meilleurs vœux !
Pour les fêtes, j’ai déserté Paname et ses lampions pour retrouver une pureté digne d’une fin d’année sereine.
Noël à Meknes, paroisse Notre Dame des Oliviers, accueilli familialement par la communauté des religieuses franciscaines : messe de minuit colorée des chants gospel d’une chorale africaine et animée par la ferveur du père Aristide, suivie d’un réveillon à la bonne franquette dans la salle paroissiale, et d’un autre en comité plus restreint chez les sœurs, dont l’inénarrable sœur Thérèse à l’énergie légendaire! Merci à vous pour cette pieuse, festive et chantante nuit de Noël au royaume enchanteur du Maroc ! (cf Album 30 )
L’entre fête fut moins drôle : avant de passer la main à 2007, 2006 a fait ses comptes et a constaté que je n’avais pratiquement jamais été malade malgré bon nombre de folles sorties et de joyeuses débauches. Qu’à cela ne tienne : 2006 dans sa grande justice, m’a flanqué une grippe, histoire de me tenir à la maison pendant 4 jours… pas cool, d’autant plus que je devais partir fêter dignement sa fin quelque part dans le désert marocain, au sud de Zagora avec une bande d’ami(e)s. Je me suis vengé en la célébrant par le sabrage et le vidage de quelques bouteilles de champagne, entouré d’amis, fidèles parmi les fidèles !
Ainsi, je repars bon pied bon œil pour 2007, que je vous souhaite de passer sous les meilleurs auspices possibles et que les vents les Dieux et la chance vous soient toujours et partout favorables !
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samedi, 16 décembre 2006
Z'Abam, le retour : JMJ à Merzouga ! (cf Album 29)
Un week-end d’une petite soixantaine d’heures, plus de 1500 km de route, de chemins et de sable, et plus de 20h00 de bagnole…ça intéresse du monde ?
Personne ?...Si, une poignée d’aventuriers dévoreurs de pistes marocaines toujours partants : les Z’ABAM !
Le but de la mission est la jonction Atlantique (Rabat) – Portes du désert (Merzouga) avec pour objectif la quête du Grâal de la musique électronique : Jean-Michel Jarre à Merzouga !
Accrochez-vous, c’est parti :
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samedi, 11 novembre 2006
"Indigènes"!
11 Novembre, cérémonie fort simple au cimetière de Kenitra, rendue émouvante par la présence des «indigènes», chibanis marocains ayant combattu dans les rangs français pour la libération de notre pays.
Ils étaient là avec nous, réunis presque familialement autour des tombes de leurs camarades, graves et silencieux témoignages de leur dévouement, sépultures érigées à la croisée des destins complexes de nos deux grandes nations. Bien des goumiers et tirailleurs sont tombés ici, victimes de leur légalisme envers l’Etat Français, s’opposant avec force au débarquement américain à Port-Lyautey en novembre 1942.Les indigènes connurent donc à leur début les terribles vicissitudes de leur engagement en s’affrontant mutuellement : troupes légalistes contre troupes de la France Libre.
La période se prête bien à des repentances de toute sorte, mais la France n’a pas a rougir, au contraire, elle ne peut que s’enorgueillir de cette valeureuse épopée :
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