dimanche, 25 mars 2007

Descente de l'oued Ahensal

Encore une immersion au cœur du pays réel, sur l’oued Ahensal, rivière féerique dont les gorges profondes serpentent au sein de massifs aux formes singulières.
Equipage : 10, et pas un pour rattraper l’autre, avec un état d’esprit oscillant entre « la rivière sans retour » et « les bronzés font du raft », sous la férule d’un commandant de sport aguerri et du capitaine de vaisseau Pascal, assisté de Lionel.
Après une nuit déjà bien arrosée à l’auberge des bords du lac de Bin el Ouidane, départ quasiment matutinal pour 2 heures de pistes avec pause à Ouaouizaght et au pittoresque souk de Tilouguit. Arrivée au gîte de la Cathédrale de rocher : falaise monumentale tombant à pic dans l’oued : le décors est planté ! Le temps de revêtir nos tenus de Jedi de l’oued (néoprènes, gilet et casque) et d’endurer un topo navigation et un briefing sécurité et nous voilà partis. Rivière magnifique entrecoupée de coupures sèches : rochers affleurant et ponts de bois bâtis par les blédards à la surface de l’onde. Quelques endroits sportifs, mais navigation finalement très agréable dans ce cadre si grandiose. Le véritable danger réside dans la présence de « Voûtes siphonnantes » très jolies, mais piège de courant haute tension qu’il faut savoir éviter !
Tandis l’équipage du raft est soumis à la rude discipline du captain Pascal Blight, toutefois atténuée par l’humour particulier du lieutenant Xavier Fletcher, sur les kayaks, c’est plutôt « la croisière s ‘amuse » : vogue, vogue joyeuse flottille de pirogues…
Peu avant le coucher de soleil, apparaît sur les hauteurs le grenier fortifié « Ighrem-n-Taggount » lieu magique de notre bivouac. Programme rustique : lavage à la cascade, thé et autres breuvages autour du feu pour se réchauffer, dîner frugal, divers jeux à la c.. et nuitée à la belle ou sous la tente caïdale bercée par le murmure du torrent et autres ronflements.
« C’est un coin de verdure où chante une rivière » : réveil sous un ciel extraordinairement cristallin où le soleil de la montagne fière luit.
Deux vache-qui-rit, un café et zou, à la flotte : c’est reparti pour 5 heures de navigation avec une final somptueux : procession de nos kayaks au fond d’un défilé majestueux ne laissant apparaître qu’une fine bande de ciel bleu, spectacle digne des « carnets de l’aventure ».
Et puis, c’est la fin du rêve et l’approche vers un autre monde, ambiance du film "Délivrance" : les rives s’élargissent, le courant s’amenuise, le ciel devient gris et nous luttons contre le vent qui se lève pour progresser à la surface de la rivière transformée en un espèce de sale terrain vague sur lequel stagnent alluvions, sédiments, tronc, détritus, rondins et autres objets non identifiés angoissants : c’est le retour vers l’enfer.
Heureusement, après quelques heures éprouvantes à souquer sur nos pagaies, une barcasse à moteur nous attend pour nous faire traverser le lac.
Nous, épuisés mais heureux, devisant de notre aventure et bien contents d’être remorqués quand soudain le moteur toussote et s’arrête : panne sèche, sans blague ! Notre marin de pacotille nous explique, penaud, qu‘il ne pensait pas qu’il consommerait autant avec 4 bateaux à la traîne…Et donc nous voilà repartis à souquer sur nos pagaies pour atteindre la terre promise, heureusement à 200 mètres de là !
Paré pour la prochaine expédition ?
Divinités aquatiques, déesses des eaux, muses des rivières, bons génies des torrents, demi-dieux des flots et nymphettes des cascades, je vous dis à bient’eau : Vive l’aventure, vive l'eau et vive le Royaume !

Merci à nos guides : Pascal www.tawadatrekking.com, Lionel www.coureurs-rivieres.com

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